rachat de crédits

Le prix de l’indépendance

Jérôme B. vient d'une famille bourgeoise qui a toujours vécu dans le luxe et qui n'a jamais manqué de rien. Les rentes familiales et les participations dans les nombreuses entreprises confortent assez facilement la position sociale que la famille occupe. Dans cette famille pourtant, Jérôme est en quelque sorte la brebis galeuse, le mouton noir de la famille par son esprit rebelle et surtout un désir d'évasion très intense ancré en lui.

Il a une petite amie qui vient d'un quartier modeste et dont la famille est loin d'être de la même classe ou catégorie que celle de sa famille. Mais cela, il s'en moque car pour lui, l'argent ne fait pas le bonheur et ce n'est pas sur l'extérieur que Jérôme base ses jugements. Cependant, sa famille est totalement contre cette relation et considère cela comme un caprice de Jérôme, qui est pourtant décidé à l'épouser. Mais pour Jérôme, c'est loin d'être un caprice et le fossé entre lui et sa famille s'élargit de jour en jour, au point que la famille décide de l'ignorer et de le laisser vivre sa vie sans les ressources familiales. La famille et en particulier le père de Jérôme pensent que son fils reviendra vers ses proches une fois qu'il n'aura plus d'argent pour vivre. Mais Jérôme est loin d'être idiot. Parmi les premiers de sa promotion en informatique, Jérôme excelle en ce qui concerne les travaux en 3D et les travaux sur ordinateur en général. Très vite, il sait qu'il doit trouver un travail pour lui permettre de résister à sa famille et de vivre la vie dont il a toujours voulu et avec les connaissances qu'il possède et la compétence dont il fait preuve, une agence de design l'engage pour un contrat d'essai de trois mois, payé convenablement et sans « chichi ». Avec son travail, il ne craint plus de devoir retourner chez ses parents et son idylle avec sa petite amie se poursuit le plus calmement du monde. Les mois passent et la communication avec la famille est totalement rompue depuis, aucune des deux parties ne souhaitant engager les retrouvailles mais surtout, personne ne souhaite s'excuser en premier. Pourtant, malgré le train de vie assez simple de Jérôme, son habitude au confort prend le dessus et il est obligé de prendre un crédit à la consommation pour compléter un peu plus le confort de son petit studio. Puis après le premier crédit et l'investissement fait à travers la machine à café, le petit poste de télévision et un ordinateur portable, indispensable à son travail, il reprend un second crédit pour s'acheter deux ou trois accessoires informatiques, puis un lecteur MP4. Son salaire lui permet alors de payer la communication pour son abonnement téléphonique, l'abonnement Internet, le loyer bien entendu et ses besoins personnels comme la nourriture et autres produits de soins, sans oublier le remboursement des mensualités concernant ses emprunts. La volonté était bien là mais son train de vie habituel refait surface et il ne peut s'empêcher de prendre des crédits pour pouvoir acheter ce dont il pense avoir besoin ainsi que pour offrir à sa fiancée des petits cadeaux. Ce qu'elle ne sait pas, c'est que sa situation est plus hors de contrôle qu'il ne le pense lui-même. Son nom avait toujours permis à Lucas de prendre des crédits sans réelle difficulté mais il se rendit compte de sa situation déplorable le jour où on lui refusa le crédit qu'il avait demandé ; banque après banque on lui faisait savoir qu'il était trop endetté pour pouvoir encore contracté un crédit. La panique l'avait envahi et l'idée de demander de l'aide aux parents lui avait effleuré un instant les esprits mais il résista et comme il avait encore tout à prouver, il se décida de s'en sortir seul. Il fit part de sa situation à sa petite amie qui le prit avec philosophie. Cette difficulté, ils la surmonteraient ensemble et si ils avaient pu défier les parents de Lucas, ils étaient capables de tout. Encore une fois, ce fut son nom qui le tira d'affaire, un ami à son père voulu bien accepter la demande de rachat de crédits qu'il avait formulé, vu son niveau d'endettement, il devait réduire tous ces taux pour retrouver un budget sain et rembourser convenablement ses dettes sans pour autant cesser de vivre. Le banquier, très paternel, lui donna des conseils quant à la gestion de l'argent qu'il gagnait à son travail. Une fois le rachat de crédit confirmé, son salaire était suffisant pour les remboursements mais aussi pour sa vie de tous les jours et les fins de mois ont été vraiment différents entre aujourd'hui et hier ou avant-hier. Cela était plus facile également de devoir de l'argent à une banque, certes, mais représentée par un visage familier, comme si Lucas avait emprunté de l'argent à un grand oncle. Il a pu repartir sur des comptes clairs et nets, et même si la rupture est toujours aussi forte entre lui et sa famille c'est ce qu'il doit vivre pour se séparer du cocon familial. Cette épreuve a été bénéfique au jeune couple qui s'est découvert et qui se sont sentis encore plus unis après coup. Lucas décida d'ignorer le reniement de sa famille car c'est le prix de son indépendance morale, mental et financière. Qui sait si un jour il sera encore dans la liste des héritiers, mais en tout cas, il a trouvé l'amour et même si l'argent est encore un petit problème pour Lucas qui s'y habitue peu à peu, il est heureux et pour lui, c'est tout se qui compte.

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